ORAN : L’Algérie a hérité d’un lourd legs colonial au lendemain du 5 juillet 1962

L’Algérie a hérité d’un lourd legs colonial après le recouvrement de son indépendance et de sa souveraineté nationale, fruits d’un long combat contre 132 années de présence coloniale française sur son sol, a affirmé Mohamed Belhadj, enseignant d’histoire à l’Université Oran 1 Ahmed Benbella. Au lendemain du 5 juillet 1962, « la situation générale du pays était catastrophique sur les plans économique, social et sanitaire », a rappelé l’historien à la veille de la célébration du 59ème anniversaire de l’indépendance nationale, ajoutant, dans un entretien accordé à l’APS, que « les forces coloniales s’étaient attelés, avant leur départ définitif, à réduire à néant les forces algériennes et à spolier toutes leurs richesses pour entraver le processus d’édification national et le développement tant attendu pour effacer les séquelles de l’occupation française ». « Sur le plan politique, la France coloniale avait laissé derrière elle une situation des plus difficile. Cette conjoncture a été marquée par l’étape de la reconstruction du nouvel Etat algérien en se basant sur les fondements et les principes de la proclamation du 1er novembre 1954 », a indiqué l’universitaire, ajoutant que le processus d’édification d’une Algérie nouvelle a été couronné de succès du fait de la stabilité acquise et de l’organisation des affaires publiques. « Il s’agit d’un véritable défi à relever, celui de la bataille du développement pour effacer toutes les séquelles de vastes pillages menées par du colonialisme visant à détruire tous les fondements et les potentialités algériennes », a-t-il affirmé. Pour Mohamed Belhadj, « le jeune Etat algérien a dû mettre en place des institutions dirigeantes du pays du fait que celles créées par le pouvoir colonial étaient sous son total contrôle ». Il a rappelé, dans ce contexte, que l’Etat Algérien avait mis en place des délégations provisoires au niveau des communes pour « gérer les affaires locales sous la conduite de personnes nationalistes et intellectuelles. Seulement, le poids de l’héritage légué par la France coloniale était très lourd à supporter par le pouvoir politique de l’époque, notamment sur les plans économique et social », a précisé cet universitaire. « Avant de quitter l’Algérie, le pouvoir colonial avait littéralement vidé toutes les caisses de l’Etat et les banques laissant derrière lui un pays ‘exsangue’ incapable de répondre aux besoins de sa population », a affirmé l’historien Belhadj, rappelant que l’économie de l’époque reposait sur la viticulture, un créneau pour lequel d’immenses surfaces lui étaient consacrées et dont la production était expédiée directement vers la France. « Cette option agricole s’est faite au détriment de la céréaliculture, très répandue avant la colonisation du pays. Après 1830, la population algérienne pratiquait une agriculture traditionnelle de subsistance avec des moyens très limités en raison de l’embargo exercé par les colons », a expliqué l’historien, ajoutant que le pays a rudement souffert de « la division internationale dans le travail qui a imposé le principe de ‘pays industriels’ et de ‘pays producteurs de matières premières’ ». « Du fait de cette division du monde, le colonialisme français avait imposé à l’Algérie le statut de pays producteur de matières premières, comme le charbon, l’acier, l’or, dont les richesses sont exploitées entièrement par la France sur son territoire et au profit de son industrie », a-t-il indiqué, ajoutant que même les lignes ferroviaires, lancées durant cette période, étaient destinées au transport des minerais avant leur exportation vers la France, à l’exemple de la ligne Béchar-Oran, destinée au transport du charbon à partir des mines de Kenadsa ou Ouenza-Annaba pour le transport du fer. « Tout était exporté à l’état brut et rien n’était produit et fabriqué en Algérie », a-t-il relevé.

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