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Le Makhzen accusé de livrer les Marocains aux spéculateurs en pleine crise des prix

Plusieurs associations et militants marocains des droits humains ont adressé de vives critiques au régime du Makhzen, dénonçant son “abandon de la protection du pouvoir d’achat des Marocains” ainsi que son incapacité à résister aux lobbies de spéculateurs qui contrôlent les marchés, particulièrement à l’approche des grandes fêtes religieuses.

Dans un communiqué au ton particulièrement critique, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a fustigé ce retrait, y voyant la preuve du caractère creux des discours rassurants tenus par les responsables gouvernementaux.

L’AMDH a réclamé l’ouverture d’une enquête pour déterminer les responsabilités dans ce qu’elle qualifie de « crise artificielle », qui a lourdement affecté les ménages modestes et moyens. L’organisation s’interroge également sur le sort des aides promises par le régime du Makhzen, censées stabiliser les prix et approvisionner le marché.

L’association a appelé à l’ouverture d’enquêtes transparentes sur plusieurs dossiers qui préoccupent l’opinion publique, notamment la transformation illégale de terres agricoles à Marrakech en projets immobiliers. Elle a également dénoncé des pratiques de spéculation, d’abus de pouvoir et de délits d’initiés, qu’elle considère comme révélateurs d’un système marqué par l’opacité et l’impunité.

L’AMDH a également dénoncé la poursuite des expulsions et des démolitions de logements, effectuées sans compensation adéquate, laissant des citoyens marocains privés de leurs maisons et livrés à eux-mêmes en pleine année scolaire.

Elle a aussi exprimé une profonde inquiétude face à ce qu’elle qualifie de conditions « catastrophiques » pour l’enfance au Maroc. L’organisation dénonce la multiplication des violences sous toutes leurs formes contre les enfants : violences familiales, viols, agressions sexuelles, exploitation et maltraitance.

Selon l’AMDH, cette réalité impose à l’État de prendre ses responsabilités en matière de protection de l’enfance. Elle appelle à l’adoption de mesures efficaces de prévention, de répression et de prise en charge des victimes, ainsi qu’à une application rigoureuse de la Convention internationale des droits de l’enfant, ratifiée par le Maroc en 1993.

L’association exhorte également les autorités à mettre fin à toute tolérance vis-à-vis des crimes commis contre les mineurs, estimant que l’impunité actuelle alimente la persistance des abus.

La plus grande organisation de défense des droits humains au Maroc a exprimé son soutien à Zoulikha, mère du militant du Hirak du Rif Nasser Zefzafi, victime de campagnes de diffamation par le Makhzen, ainsi qu’au prisonnier sahraoui Naâma Asfari, détenu depuis 13 ans et privé de visites familiales. Elle réclame la libération immédiate de tous les détenus politiques et d’opinion.

Enfin, l’AMDH dénonce la persistance du harcèlement contre les voix critiques du Makhzen et l’usage de la justice pour réprimer l’opposition, appelant à la libération des prisonniers d’opinion dans le royaume.