Nationalisation des hydrocarbures-création de l’UGTA: mobilisation des travailleurs algériens

ALGER – La Création de l’UGTA, le 24 février 1956, et la nationalisation des hydrocarbures 15 ans après, ont été des décisions historiques ayant démontré la capacité de mobilisation des travailleurs algériens et constitué une source d’inspiration pour le vaste mouvement qui allait distinguer les pays producteurs du Tiers Monde dans l’amorce de leur souveraineté sur leurs ressources naturelles, a indiqué mardi le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab.

« L’Algérie célèbre, demain mercredi, deux événements majeurs qui ont marqué l’histoire contemporaine de notre pays. Le premier est lié à la naissance de l’UGTA, le 24 Février 1956, ce qui a donné à la classe ouvrière un outil pour la défense des droits des travailleurs et une occasion d’adhésion à la cause de l’indépendance nationale et à la lutte engagée sous la direction du Front de Libération Nationale », a souligné, à l’APS, le ministre, installé lundi dans ses fonctions, suite au rattachement du département des Mines à celui de l’Energie, dans le  cadre du dernier remaniement ministériel.

Le second évènement, poursuit M. Arkab, est « celui de la nationalisation des hydrocarbures qui a permis la récupération de nos richesses naturelles et leur utilisation pour le développement socio-économique du pays ».

Pour lui, la coïncidence de dates de ces deux événements ne devait rien au hasard.

C’est délibérément que les autorités de l’époque, soutient-il, avaient choisi le 24 février pour annoncer l’acte de récupération par la nation du pouvoir de décision, entier et autonome, sur ses richesses nationales.

La nationalisation des hydrocarbures a ainsi enclenché, poursuit M. Arkab, un processus de développement économique et social d’envergure ce qui a été « une démonstration des capacités de mobilisation des travailleurs et des cadres algériens pour la prise en charge des installations pétrolières abandonnées par les compagnies étrangères ».

« Si l’on devait méditer sincèrement et objectivement l’héroïsme des travailleuses et travailleurs algériens, il suffit de rappeler leur résistance et leur combat durant les années de braise et de la tragédie nationale, pour que l’Algérie demeure debout et que son économie prospère au milieu de la destruction et du terrorisme », a-t-il encore soutenu.

Au plan international, les nationalisations historiques décidées le 24 février 1971 ont eu « un retentissement extraordinaire », rappelle le ministre, en soulignant le caractère exemplaire de ces nationalisations qui « ont participé au vaste mouvement qui allait distinguer les pays producteurs du Tiers Monde dans l’amorce d’une nouvelle libération et d’une volonté partagée d’un libre exercice de leur souveraineté sur leurs ressources naturelles du sol et sous-sol ».

Cependant, des défis économique et énergétique « nous interpellent aujourd’hui et nécessitent des réponses en vue de mettre notre pays sur le chemin d’une Algérie nouvelle au service des générations futures », a-t-il observé.

De plus, la situation des marchés pétroliers, lourdement impactés par la pandémie du COVID19, a « rétréci les revenus du pays de presque un tiers (1/3), mis à rude épreuve ses capacités d’action, accentué ses vulnérabilités en termes de disponibilité en devises et retardé la mise en œuvre de la politique de relance », a-t-il souligné.

Pour faire face à ces défis, le programme élaboré par le secteur de l’Energie et des Mines, qui s’inscrit pleinement dans celui du Président de la République, ambitionne, affirme M. Arkab, d’accélérer le développement socio-économique en mobilisant toutes les ressources, pour l’émergence de nouveaux secteurs d’activité, notamment à travers les petites et moyennes entreprises et les start-up.

« Le secteur de l’Energie et des Mines continuera à jouer un rôle pivot dans la stratégie de relance et bénéficiera d’une attention particulière afin de consolider et relancer ses capacités pour promouvoir la production de l’énergie dont a besoin notre pays avec un recours de plus en plus important aux énergies nouvelles et renouvelables, afin de préserver les ressources épuisables », a-t-il dit.

Dans ce contexte, le parachèvement du cadre légal de l’investissement, aussi bien dans le secteur des hydrocarbures que dans le secteur des énergies renouvelables, devra être, poursuit le ministre, « une priorité » afin d’assurer la visibilité requise pour encourager les investissements nécessaires et garantir la sécurité énergétique du pays à long et très long terme.

L’Energie devra être ainsi un « facteur catalyseur pour la relance de la dynamique économique, au niveau local et national, en priorisant le raccordement à l’énergie pour les zones d’ombre, les exploitations agricoles, les PME / PMI, et les zones d’activité, créatrices d’emplois et de richesses », promet le premier responsable de secteur.

 

Les hydrocarbures en Algérie par les chiffres 

 

L’Algérie, qui célèbre mercredi le 50ème anniversaire de la nationalisation de ses hydrocarbures, est classée 16ème producteur de pétrole, 10ème producteur de gaz naturel et 7ème exportateur de GN dans le monde.

 

Voici les chiffres clés des Hydrocarbures en Algérie:

– Le volume des réserves prouvées en hydrocarbures, tout produit confondu (Pétrole, Gaz, Condensat et GPL), est estimé à plus de 4300 Millions de Tonne Equivalent Pétrole (MTEP) (soit plus de 12 milliards de barils) dont 55% en Gaz naturel.

– En 2020:

– La production primaire d’hydrocarbures a été de 176 Mtep. La production commerciale d’hydrocarbures primaires a été de 142 millions Tep. La production des produits raffinés a été de 28 millions de tonnes et celle des complexes GNL de 24 millions m3 GNL.

– Le volume global des exportations d’hydrocarbures a été de 82,2 millions en tonnes équivalent pétrole (TEP) dont 937.000 barils/jour de pétrole et 40 milliards m3 de gaz.

– Les recettes globales des exportations d’hydrocarbures ont atteint 20,2 milliards dollars dont 13,2 milliards USD d’exportations pétrolières et 7 milliard USD d’exportations gazières. Ces recettes représentent 98% des recettes des exportations du pays.

– La fiscalité pétrolière a atteint 1.853 mds de DA – Vue la chute des prix du pétrole, la fiscalité pétrolière représente actuellement un peu plus du tiers des recettes budgétaires, contre plus de 50% durant les années précédentes.

– La consommation nationale d’énergie (Gaz et Produits pétroliers) a été de 59 millions de TEP

– La consommation nationale de gaz naturel a été de 44 milliards de m3

– L’Algérie possède 177 gisements d’hydrocarbures en exploitation et 77 gisements en phase de développement.

Les plus importants gisements sont :

– Le Champ de Hassi Messaoud: découvert en 1956

– Le Champ de Hassi R’mel: découvert en 1956 et mis en production en 1961

– Le Champ d’Edjeleh: découvert en 1956, puis mis en exploitation quelques années plus tard

– Le Gisement de Krechba (In Salah): découvert en 1957

– Rhourde Nouss: (premier forage réalisé en 1961)

– Le Champ de Haoud Berkaoui: découvert en 1965

– Le Champ d’Ourhoud: foré en juillet 1994

– Le Champ de Hassi Berkine Sud: découvert en janvier 1995, mis en exploitation en 1998.

– En 2020, les investissement dans les hydrocarbures ont atteint 7,3 milliards USD.

– L’Algérie possède 6 raffineries de pétrole et de condensat. 29,1 millions de tonnes ont été traitées en 2020 (+7,4%).

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