Le monde post-2021 sera très différent de celui de 2001

Le monde post-2021 sera très différent de celui de 2001, année durant laquelle ont été commis les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, soutient l’expert en géopolitique, Arslan Chikhaoui qui parle d’un terrorisme « globalisé » et d’un ordre mondial marqué par de profonds changements.

« Le monde post-2021 différera de façon notable du monde de 2001 (année symbole) marquée par les attentats des Twin Towers. Aujourd’hui, l’ordre international est au milieu du gué. Il subit de profonds changements », explique Arslan Chikhaoui dans une contribution publiée dimanche dans le quotidien Liberté.

« Depuis la formation du système de l’alliance occidentale, en 1949, la nature et la forme des systèmes de l’alliance à l’échelle internationale n’ont pas connu de mutations comparables à celle de ces deux dernières décennies.

La division Est/Ouest, la ligne de partage traditionnelle Nord/Sud risquent de ne plus être un concept très représentatif pour cette nouvelle ère. Le concept Eurasie destiné à supplanter l’ancienne Union soviétique et l’unité de l’Ouest ont également perdu de leur pertinence.

« Ce sera surtout dû à la mondialisation et à la montée en puissance attendue de la Chine et de l’Inde », explique-t-il.

« D’autres divisions au-delà du champ économique risquent de modeler la vision du monde. Pour beaucoup de sociétés, les scissions entre groupes religieux et au sein même de ces groupes, pourraient tracer des frontières aussi marquantes que les frontières nationales.

Il relève, en outre, que « de manière plus générale, le monde de l’après-attentats du 11 septembre 2001 a vu se multiplier les risques de conflits désignés comme des conflits de faible intensité (low intensity conflicts, LIC) définis comme une confrontation politico-militaire entre Etats ou groupes rivaux, en deçà de la guerre conventionnelle mais au-delà de la compétition pacifique et routinière entre les Etats ».

Dans ce contexte, Arslan Chikhaoui assure que « la recomposition du monde post 2021 est en mouvement accéléré depuis les attentats du 11 septembre 2001 et il sera de plus en plus dessiné et gouverné par des gouvernements invisibles qui s’institutionnalisent’. ‘ Le défi majeur sera incontestablement notre capacité d’adaptation rapide », précise-t-il.

Par ailleurs, l’expert estime « préoccupant » le fait que le terrorisme soit « lié à plusieurs groupes incontrôlés, extrêmement bien organisés et disposant de moyens importants sans pour autant avoir un commandement centralisé ». Pour lui, « le terrorisme s’est aussi globalisé ».

« On a vu après les attentats du 11 septembre 2001 qu’Oussama Ben Laden, chef d’Al-Qaïda, possédait des réseaux transfrontaliers, dont les différents membres étaient bien intégrés dans leurs pays d’accueil. Par exemple, les rumeurs sur les spéculations boursières que ces groupes auraient faites juste avant les attentats des Twin Towers montrent aussi qu’ils ont bien intégré les modes de fonctionnement de l’économie de marché », avance-t-il.

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