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5 Juillet 1962 – 5 Juillet 2026 : L’Algérie célèbre le 64e anniversaire de l’Indépendance et de la Jeunesse

À l’occasion de la célébration du 64e anniversaire de l’Indépendance et de la Jeunesse, commémoré le 5 juillet 2026, nous avons rencontré Fares Sghir El Houari, âgé de 88 ans, secrétaire de wilaya de l’Organisation nationale des Moudjahidine d’Oran et ancien combattant de la Guerre de Libération nationale.

Engagé dans les rangs de la Révolution algérienne entre 1954 et 1962, le moudjahid a été arrêté et emprisonné par les autorités coloniales françaises. Il ne retrouvera la liberté qu’en avril 1962, quelques semaines après le cessez-le-feu du 19 mars 1962, marquant la fin des combats.

Au cours de cet entretien, Fares Sghir El Houari est revenu avec émotion sur les préparatifs qui ont précédé les festivités populaires de l’indépendance. Il rappelle qu’à cette époque, l’Algérie ne disposait ni de téléphones portables, ni des réseaux sociaux, ni des moyens modernes de communication. Malgré cela, la mobilisation fut exceptionnelle.

« La direction de l’Armée de libération nationale avait désigné des moudjahidine pour organiser et encadrer les sorties populaires. Chaque mission était minutieusement préparée afin que le peuple puisse célébrer dignement sa victoire », explique-t-il.

Selon lui, le peuple algérien « est sorti des profondeurs de la souffrance pour arracher son indépendance ». C’est précisément parce que cette liberté a été conquise au prix d’immenses sacrifices que les Algériens ont pleinement savouré « la douceur de l’indépendance » lors de cette journée historique du 5 juillet 1962.

Évoquant le message laissé par les chouhada aux générations actuelles, le moudjahid insiste sur la responsabilité de la jeunesse algérienne de préserver les acquis de la nation, protéger l’unité du pays et poursuivre les efforts de développement afin de bâtir un État fort, capable de perdurer au-delà des hommes.

« Les martyrs nous ont légué un pays libre. La mission des jeunes d’aujourd’hui est de le préserver et de contribuer à son développement. Nous constatons aujourd’hui que de nombreux jeunes occupent des postes de responsabilité et participent activement au progrès et à la prospérité de l’Algérie. Il faut poursuivre dans cette voie », affirme-t-il.

Interrogé sur l’importance du devoir de mémoire et de l’écriture de l’histoire comme source d’inspiration pour les nouvelles générations, Fares Sghir El Houari souligne qu’il a lui-même consigné son parcours militant et révolutionnaire afin de le mettre à la disposition des jeunes. À travers l’Organisation nationale des Moudjahidine, il œuvre également à la collecte des témoignages vivants d’anciens combattants ayant participé à la Guerre de Libération.

Ces précieux récits, désormais conservés au Musée du Moudjahid, constituent un patrimoine historique inestimable, destiné à transmettre aux générations futures les valeurs de sacrifice, de patriotisme et d’attachement à l’Algérie indépendante.

À travers le témoignage de ce vétéran de la Révolution, le 64e anniversaire de l’Indépendance et de la Jeunesse apparaît non seulement comme une célébration nationale, mais aussi comme un moment privilégié pour raviver la mémoire collective et rappeler que l’avenir de l’Algérie repose sur une jeunesse consciente de son histoire, fidèle aux idéaux des chouhada et résolument tournée vers le développement du pays.

Issam Belkedrouci