L’Algérie prend la tête du Parlement panafricain : nouveau succès de la diplomatie algérienne
Le candidat de l’Algérie, Fateh Boutbig, a été élu jeudi, président du Parlement panafricain avec 119 voix sur 152, lors de la session extraordinaire de l’institution tenue à Midrand, en Afrique du Sud, marquant une nouvelle consécration du poids diplomatique de l’Algérie sur la scène continentale. Son mandat à la tête de cette instance législative de l’Union africaine s’étendra jusqu’en 2029.
Cette élection représente bien plus qu’un simple succès institutionnel : elle consacre la crédibilité politique de l’Algérie auprès de ses partenaires africains et confirme son statut de puissance diplomatique incontournable sur le continent, en dépit des tentatives de perturbation menées par le Maroc, qui a mobilisé tous les moyens pour barrer la route au candidat algérien, en recourant à diverses pratiques jugées contraires à l’éthique dans les coulisses du Parlement continental.
Victoire d’une volonté africaine unie
Dans sa première allocution après son élection, Fateh Boutbig a qualifié ce succès de « victoire d’une volonté africaine unie », estimant que ce résultat traduit la confiance du continent dans une vision politique fondée sur l’unité, l’intégration et la souveraineté africaine.
« Il ne peut y avoir d’Afrique forte sans prendre en considération l’Afrique du Nord, ce pont civilisationnel et stratégique reliant le continent à son environnement méditerranéen et mondial », a déclaré le nouveau président du Parlement panafricain.
Le responsable algérien a également souligné que les pays d’Afrique du Nord, avec l’Algérie à leur tête, disposent des ressources et des capacités nécessaires pour constituer un véritable moteur de l’intégration continentale, notamment dans les domaines de l’énergie, de la sécurité et de la diplomatie.
Cette victoire s’inscrit dans la continuité des succès engrangés par la diplomatie algérienne sous la conduite du président algérien, Abdelmadjid Tebboune, dont l’action à l’internationale renforce progressivement le rôle de l’Algérie comme acteur central de la stabilité et de l’intégration africaine.
Boutbig a d’ailleurs rappelé que « L’Algérie continue de jouer un rôle central dans le soutien aux causes africaines, la promotion de la paix, le renforcement de l’intégration économique et la consécration du principe des solutions africaines aux problèmes africains. »
Les limites de l’influence marocaine révélées
Le scrutin a également révélé, une nouvelle fois, les limites de l’influence marocaine au sein des institutions africaines. Rabat avait présenté comme candidat son ancien ministre du Tourisme et vice-président de la Chambre des conseillers, Lahcen Haddad, sans parvenir à convaincre les délégations africaines.
Selon plusieurs sources présentes lors des travaux, la délégation marocaine a multiplié les manœuvres de pression et de perturbation, notamment lors des réunions du groupe de l’Afrique du Nord chargé de désigner le candidat régional unique à la présidence du Parlement panafricain.
Conduite par Lahcen Haddad, la délégation marocaine aurait tenté d’entraver le processus électoral en exerçant des pressions sur le secrétariat de l’institution et en perturbant les délibérations, au point de nécessiter l’intervention des services de sécurité pour rétablir l’ordre et permettre la poursuite normale des travaux.
Le Maroc a également essuyé un revers sur l’ensemble des autres postes attribués au sein de la représentation nord-africaine, n’obtenant aucun siège stratégique, ce qui confirme l’isolement croissant de Rabat face à la consolidation de l’influence algérienne sur le continent.
Cette élection vient couronner un processus engagé dès les consultations préliminaires du groupe géopolitique de l’Afrique du Nord, au cours desquelles Fateh Boutbig s’était déjà largement imposé avec 19 voix, contre 4 voix seulement pour chacun de ses concurrents.
Au-delà de la portée institutionnelle du scrutin, cette victoire apparaît comme une démonstration supplémentaire du rayonnement diplomatique de l’Algérie en Afrique et de la confiance croissante que lui accordent les capitales africaines, confortant ainsi Alger dans son rôle de puissance de référence au sein des équilibres continentaux.
