UN SEUL ACCELERATEUR POUR TOUTE LA WILAYA AU CAC D’ORAN: La radiothérapie, le maillon faible dans la prise en charge du cancer du sein

La wilaya d’Oran enregistre chaque année entre 300 et 400 nouveaux cas de cancer du sein et la grande majorité des femmes atteintes subissent une ablation totale du sein, à cause du manque des possibilités de bénéficier d’une radiothérapie. Au niveau de l’Etablissement hospitalo-universitaire « 1er novembre » d’Oran, les deux tiers des femmes atteintes du cancer subissent une ablation totale du sein. « Il est impossible d’envisager une ablation partielle ou une chirurgie conservatrice sans la garantie d’une suite avec une radiothérapie dans les délais », explique le Pr Faiza Bereksi Reguig, chef de service d’oncologie au niveau de cet établissement. Pour sa part, le Pr Hassan Boucherit, chef de service de gynécologie au niveau du même EHU, reconnait que « la préservation de la vie de la patiente impose le recours à l’ablation totale car, une ablation partielle sans radiothérapie comporte de grands risques de récidive ». Ainsi, les spécialistes recourent  souvent, à contre cœur, à la mastectomie, ou chirurgie mammaire non conservatrice. Un choix souvent vécu comme un drame par les femmes qui le subissent. La disponibilité de la radiothérapie est le seul garant pour renverser la donne et baisser le nombre des ablations totales à Oran. C’est une réalité qui perdure depuis des années. La capitale de l’ouest, avec une population de plus de deux millions d’habitants, n’est dotée que d’un seul accélérateur linéaire, mis en service au niveau du Centre anti-cancer « Emir Abdelkader » de Messerghine. « Un accélérateur surexploité qui prend en charge jusqu’à 120 malades par jour alors que ses capacités n’en permettent que 40 ou 45 patients », souligne la chargée de communication du CAC, Nesrine Benatig. Le CHU d’Oran « Docteur Benzerdjeb » a arrêté, quant à lui, d’assurer la radiothérapie en 2018. Ses deux accélérateurs linéaires datant des années 1980, sont devenus « obsolètes », explique le directeur général de l’établissement Hadj Boutouaf. Les démarches pour l’acquisition de deux accélérateurs linéaires de dernière technologie ont été entamées il y a quelques années. Toutefois, la situation traversé par le pays et la crise sanitaire de la Covid19 n’ont pas facilité les choses, mais les choses ne tarderaient pas à se débloquer, selon le même responsable. « Les démarches ont été récemment relancées. Nous espérons pouvoir acquérir les deux accélérateurs prochainement », souligne M. Boutouaf. Le CAC de Messerghine espère également recevoir prochainement un nouvel accélérateur dont il a entamé les procédures d’acquisition depuis quelques années.

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