Un responsable du CAERT au Jeune Indépendant: Rachad classée organisation terroriste depuis 2012

Le mouvement Rachad, qui n’a pas d’existence légale en Algérie, était classé sur la liste des organisations terroristes de l’Union africaine depuis 2012, soit huit ans avant que le haut conseil de sécurité (HCS) en Algérie ne la décrète en tant mouvement terroriste. C’est ce qu’a affirmé au Jeune Indépendant, Idris Lallali, directeur adjoint du Centre Africain d’études et de recherche sur le terrorisme (CAERT) basé à Alger.

Interrogé en marge du 8è séminaire de haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique tenue à Oran, M. Lallali a affirmé que le CAERT détenait, bien avant 2012 , suffisamment d’éléments qui permettaient de déterminer la nature des activités de ce mouvement, et de proposer de le placer dans la liste continentale des groupes et organisations terroristes.

Pour le responsable de cette commission de l’UA, la classification des groupes terroristes est très importante et engendre énormément de conséquences sur ces organisations, leurs membres, et notamment sur les sources de financement de ces mouvements, « ce qui affaiblira  durement leurs activités ».

« L’importance de la mise en place d’une liste continentale, permettra d’inscrire tous ces groupes africains au niveau des organisations internationales, afin de diminuer leur capacité de nuisance et carrément bloquer leur source de financement », a-t-il précisé.

M. Lallali est revenu également sur la complexité de la question du listing des groupes terroristes au niveau international, signalant à titre d’exemple qu’il existe des groupes qui ont été « listés parce qu’ils appartiennent à al Qaïda, comme il y a d’autres qui ne sont pas listés, comme El Chabeb, qui fait partie de ce groupe terroriste, et qui n’est pas classé comme tel par l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Pour cet expert spécialisé dans les questions du Sahel,  le principal rôle de lutte contre le terrorisme repose sur les Etats, car le rôle de l’UA, se concentre uniquement sur la coordination et l’orientation. « Le phénomène du terrorisme impose aux pays africains de trouver des solutions radicales pour le déraciner et régler définitivement le problème du terrorisme et de son financement».

Au niveau continental, l’UA est « entrain de tout faire pour s’assurer que les Etats mettent en œuvre la décision de criminaliser le financement du terrorisme, en étroite collaboration avec la cellule du traitement des renseignements financiers pour sécher les sources de financement et sanctionner les sociétés qui payent les kidnappeurs en les introduisant devant la justice africaine », car en Europe l’acte de financer n’est pas encore criminalisé, à l’exception de la Grande Bretagne.

Il convient de rappeler que, le haut conseil de sécurité présidé par le président de la République Abdelmadjid Tebboune a classé le 18 mai 2021 les mouvements Rachad et le MAK ( mouvement pour l’autonomie de la kabyle) sur la liste des organisations terroristes, les accusant d’actes hostiles et subversifs commis visant à déstabiliser le pays et attenter à sa sécurité.

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