RAPPORT STORA : L’Émir se remet en selle

La Fondation Émir Abdelkader a  réagit au rapport transmis par l’historien Benjamin Stora au président français Emmanuel Macron, dont voici le texte intégral :
Ce qu’en pense l’Émir Abdelkader
“C’est par la vérité qu’on apprend à connaître les hommes et non par les hommes qu’on connaît la vérité” Émir Abdelkader
Au sujet du rapport de l’historien Benjamin Stora. Les sphères intellectuelles s’agitent ces derniers jours autour de la question mémorielle entre l’Algérie et la France et qui constitue un point de divergence dans les rapports entre les deux pays. Le sujet est un enjeu tentant pour les manipulateurs de tous bords. Bien entendu, la question des archives algériennes détenues par la France et réclamées par l’Algérie constitue une problématique de taille pour  l’édification d’une relation saine entre les deux Etats, et une condition primordiale pour un climat politique et diplomatique serein. Hélas, toutes les tentatives initiées, de part et d’autre,  pour atteindre ce but, ont subi un échec sous les coups de boutoir  des forces obscures qui continuent de nourrir des velléités haineuses.  Il en va ainsi, de  ce projet d’ériger une stèle à l’effigie de l’Émir Abdelkader, sur le sol français, ce qui constitue une vile tentative d’expropriation du peuple algérien, de son histoire. L’Émir Abdelkader reste le symbole éternel de la souveraineté et de l’unité de la nation algérienne. La puissance de la symbolique  attachée à  cette personnalité en tant que chef d’État et guide de la nation, ne saurait faire l’objet de gesticulations inutiles.  L’Émir Abdelkader, figure incontournable  de la mémoire de la nation algérienne reste sa propriété exclusive et inaliénable. La France officielle veut, semble-t-il, spolier le peuple algérien de son histoire et de sa mémoire plusieurs fois millénaires. Le vol délibéré des archives et d’une grande partie de son patrimoine matériel, constitue la preuve tangible et irréfutable de l’occultation des “crimes contre l’Humanité” perpétrés par la France coloniale, et qui demeurent non reconnus à ce jour. Si la France souhaite donner du crédit à ses intentions envers l’Algérie, il serait plus raisonnable qu’elle commence par la reconnaissance de ses crimes commis à l’endroit du peuple algérien, et par la restitution de ses archives spoliées. C’est pourquoi, nous nous élevons fermement contre cette exploitation malveillante par les fossoyeurs de l’Histoire de l’Humanisme et de l’esprit  chevaleresque de l’Émir qui reste un homme d’esprit et d’honneur, contrairement à ses adversaires.  L’État algérien doit affirmer, pour sa part, son refus le plus catégorique à cette exploitation honteuse et indigne, d’un symbole de la souveraineté nationale à travers cette stèle de l’Émir Abdelkader sur le sol français; une offense à l’égard de tout le peuple algérien et de ses martyrs dont les ossements restent, même à ce jour, pris en otage par la France coloniale.

Zohour Boutaleb, Secrétaire Générale de la Fondation Emir Abdelkader

Alger, le 22 Janvier 2021

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