Oran: 2020, l’année des acquis culturels remarquables dans la réalité et le virtuel

La scène culturelle de la capitale de l’Ouest algérien a été caractérisée en 2020 par de nombreux acquis ayant donné une bouffée d’oxygène aux chercheurs, architectes et archéologues ainsi qu’à ceux qui s’intéressent au patrimoine matériel en dépit d’une conjoncture sanitaire particulière imposée par la pandémie du Coronavirus.

Le début de cette année a été marqué par la réouverture de la salle des pièces archéologiques du musée national « Ahmed Zabana », en janvier, coïncidant avec la manifestation de la célébration de Yennayer, la nouvelle année Amazighe. Cette salle est restée close durant 15 années en raison des travaux de réaménagement.

Cette salle, qui représente à elle seule un véritable musée, a acquis un nouveau look, après avoir été rénovée selon les normes internationales en un laps de temps ne dépassant pas un mois et demi, selon la directrice du musée, Mme Bouchra Salhi.

Toutefois, le plus grand acquis à inscrire au profit du musée a été l’aval de la ministre de la culture et des Arts, Malika Bendouda, donné lors de sa visite dans la wilaya d’Oran, en juillet dernier, au projet de réhabilitation du musée selon les normes internationales, dans le cadre du partenariat avec la République Tchèque. Un bureau d’études a été désigné pour le démarrage de la concrétisation de cette opération, début 2021.

Cette réhabilitation permettra au musée de passer d’un musée multidisciplinaire à un musée spécialisé en archéologie et sciences naturelles. Comme il dotera au musée d’installations diverses comme une cafétéria et des boutiques. le même édifice, a-t-on indiqué.

Réhabiliter les sites et monuments

L’autre événement culturel majeur qui a ravi les chercheurs, les architectes et les archéologues ainsi que ceux qui s’intéressent au patrimoine matériel d’Oran et les habitants de la région de Bethioua, reste l’annonce de la réalisation des premières fouilles au site « Portus Magnus », vestiges d’une ville romaine. Ce projet sera pris en charge par des chercheurs nationaux qui travailleront sur ce site classé patrimoine national en 1968 et qui n’a jamais fait l’objet de fouilles.

Il est préconisé la création d’un musée à Bethioua faire connaître et mettre en exergue les pièces archéologiques pour les visiteurs et les touristes intéressés par l’archéologie.

Le dossier du classement du théâtre, décidé par le ministre de la culture et des Arts lors de sa visite à Oran l’été dernier, est en voie de concrétisation au niveau de la tutelle. L’édifice pourra bénéficier d’une plus grande protection en sa qualité de patrimoine national.

La procédure de classement du théâtre sera également une occasion pour proposer son classement mondial et de l’intégrer dans le parcours touristique et culturel d’Oran.

Par ailleurs, l’investissement privé dans le domaine culturel a été une étape importante dans la scène théâtrale oranaise avec la réalisation par un investisseur privé, versé dans le secteur de l’hôtellerie, d’un théâtre privé portant le nom de « La Fourmi », qui proposera, dès l’amélioration de la situation sanitaire, une palette d’activités dont des projections de cinéma, des représentations théâtrales, des rencontres avec les écrivains et autres.

 

Et le virtuel crée l’acte culturel

Malgré la suspension des activités culturelles en raison des mesures de prévention contre la propagation du virus corona, le glamour de la culture n’a pas cessé pour autant. Il a, au contraire, brillé sur le plan virtuel. Des instances culturelles et des associations ont assuré sur le Net la continuité de l’activité culturelle à Oran.

Le recours aux TIC modernes, notamment les sites de Facebook et Youtube, a permis d’organiser des événements ayant permis de répondre aux attentes du public, habitué à se rendre au musée, au cinéma et au théâtre.

Pour sa part, le théâtre régional d’Oran « Abdelkader Alloula », à travers sa chaîne Youtube, a programmé des représentations d’anciens dramaturges, à l’instar d’Abdelkader Alloula et Boualem Hadjouti, afin de les faire connaître à la nouvelle génération.

De leur côté, les associations culturelles « El-Amel » et « Wahiou el-mouthaqafine » ainsi que la troupe « Coulisses » et le syndicat de l’artiste dramatique et cinématographique d’Oran, et bien d’autres, ont participé à l’enrichissement de la scène culturelle, à travers l’organisation d’expositions sur le patrimoine, des représentations théâtrales et des concours culturels et littéraires virtuels.

L’association culturelle des arts modernes « Akam » a choisi la voie de la solidarité en fournissant des aides financières à de nombreux artistes nécessiteux, touchés durant cette pandémie, qui n’a pas été, pour eux, une circonstance passagère.

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