MOHAMED ACHIR, ECONOMISTE, A PROPOS DE LA MONNAIE NATIONALE: «L’option du changement est difficile»

Le ministre des Finances a écarté le changement de la monnaie nationale. Il s’appuie sur l’ordonnance 03-11 qui «est claire» à ce sujet, expliquant que «le pouvoir libératoire d’une monnaie étant de 10 ans, après le retrait des billets». Aussi, «la stabilité juridique des marchés financiers et même économiques rend cette option impossible».

Joint par nos soins, Mohamed Achir économiste, précise que ce changement évoqué par certaines parties est «très difficile à réaliser». Enchaînant que cela représente «une décision structurelle et technique qui conduira au changement inévitable de la valeur monétaire». Citant l’exemple de la France, l’universitaire rappelle que pour le passage à l’Euro, le franc a nécessité trois ans pour disparaître. Toutefois, l’économiste indique que l’option réalisable, souhaitable même, consiste au «changement de billets pour, d’une part, renouveler ceux qui circulent aujourd’hui hors circuit bancaire ; et de l’autre, contrôler le niveau des missions au niveau des banques». A ce sujet, le ministre des Finances a tout récemment indiqué que l’argent de l’informel tutoie les 6.000 milliards de dinars. Si le gouvernement fonde un grand espoir sur la finance islamique pour capter ces sommes faramineuse, pour M. Achir, la restitution des billets actuels doit se faire dans un délai d’une année tout au plus, et pour le renouvellement, il y a lieu de créditer l’argent au niveau des banques. Changement ou pas, la monnaie nationale n’est pas à son meilleur niveau. Malgré les contreperformances enregistrées, le premier argentier du pays demeure optimiste, affirmant que le dinar «devrait enregistrer un regain avant la fin de l’année en cours», et retrouvera même «sa force économique et son pouvoir libératoire». Côté experts, Souhil Meddah, expert financier, souligne que cette reprise est tributaire de trois conditions «objectives directes». D’abord, sur le stock des réserves de change, celui ci, explique M. Meddah, «est considérée comme une contrebalance la plus importante dans l’équation de parité du dinar, vu que les réserves émanent d’un cumul de ressources épargnées à partir des revenus sur les exportations et qui avec le temps ne donnent plus les même soldes positifs, soit les même poids de garanties».

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