Mali: débat autour du Plan d’action du gouvernement de la transition

BAMAKO – Le Premier ministre malien, Moctar Ouane, et les membres du Conseil national de transition (CNT), entament lundi les débats autour du Plan d’Action du Gouvernement de la Transition (PAG) dont les priorités sont l’organisation des élections, les réformes politiques et le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire malien, ont rapporté des médias locaux.

M. Ouane, avait procédé vendredi à la présentation du PAG, lors d’une séance plénière présidée par le président du CNT, Malick Diaw, en présence des membres du gouvernement avec à leurs têtes, M. Ouane, des membres du CNT et de nombreuses autres personnalités.

La mise en œuvre du PAG « contribuera aux réformes politiques et institutionnelles nécessaires à la consolidation de la démocratie, c’est-à-dire à renforcer la stabilité des institutions démocratiques et républicaines et à améliorer la gouvernance », avait-il indiqué.

Les six axes du PAG concernent le « renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, la promotion de la bonne gouvernance, la refonte du système éducatif, les réformes politiques et institutionnelles, l’adoption d’un pacte de stabilité sociale et enfin, l’organisation des élections générales ».

S’agissant du premier axe (le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national), le Premier ministre prévoit comme priorité de « diligenter la relecture, l’appropriation et la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, d’accélérer le processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des combattants dans le Nord et le Centre du pays, de procéder à la dissolution effective de toutes les milices d’auto-défense et de redéployer les forces de défense et de sécurité sur l’ensemble du territoire national, « .

Concernant l’axe 2 qui est la promotion de la bonne gouvernance, le chef du gouvernement, Moctar Ouane, entend « restaurer l’autorité et l’utilité sociale de l’Etat à travers la fourniture des services sociaux de base, promouvoir la citoyenneté et le civisme à travers l’éducation et la

culture, renforcer la lutte contre l’impunité et accentuer la lutte contre la corruption, rationaliser les dépenses publiques en réduisant le train de vie de l’Etat, auditer la gestion des fonds alloués aux secteurs de la sécurité, de la défense et de la justice dans le cadre des lois d’orientation et de programmation ».

Par rapport à l’axe 3 concernant la refonte du système éducatif, le Premier ministre envisage de « négocier un moratoire avec les partenaires sociaux de l’éducation en mettant en place un cadre de concertation régulier et d’engager une refonte du système éducatif ».

En ce qui concerne l’axe 4 sur les réformes politiques et institutionnelles, M. Ouane veut parachever le processus de réorganisation territoriale, réformer le système électoral en prenant en compte des Maliens établis à l’extérieur, élaborer et adopter une nouvelle constitution et poursuivre le chantier de la régionalisation.

S’agissant de l’axe 5 du plan d’action portant sur l’adoption d’un pacte de stabilité sociale, le Premier ministre définit les priorités comme suit: « organiser une conférence sociale et engager le débat sur les questions de société comme le rôle des autorités coutumières et religieuses, la question de la pratique de l’esclavage ainsi que le statut de la femme, la relance du dialogue avec les groupes radicaux maliens, le dialogue entre les communautés et acteurs locaux en conflit, la création des conditions favorisant le retour des déplacés et réfugiés, l’accélération du processus d’indemnisation des victimes depuis 1960 ».

Au niveau de l’axe 6 (organisation des élections générales), M. Ouane, entend élaborer un chronogramme pour les futures échéances électorales, organiser les opérations référendaires et les élections générales.

« La consolidation de la démocratie exige notamment le respect des choix populaires à travers les élections. A cet effet, la conduite du processus électoral devant couronner cette transition devra être minutieusement préparée. En plus des élections générales, le calendrier élaboré par le gouvernement prévoit également un référendum. Dans cette perspective, les actions prioritaires seront exécutées », avait-t-il promis.

Pour atteindre l’objectif fixé, le gouvernement, dit-il, « œuvrera inlassablement à créer un consensus autour du processus électoral et référendaire, à travers notamment l’évaluation des étapes spécifiques et de leurs contraintes, l’adoption d’un premier projet de chronogramme ».

Le Premier ministre malien avait assuré vendredi, en dévoilant son « plan d’action », que le gouvernement de transition qu’il dirige organisera bien des élections l’an prochain.

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