LES ORANAIS SOUS STRESS HYDRIQUE: Oran alimentée au goute à goute

La saison estivale est à peine entamée que la population renoue fortement avec le stress gydrique en ces fortes chaleurs. En effet, les préoccupations de la population liées au rationnement d’eau potable à Oran reviennent avec insistance chaque été à l’instar des autres wilayas. Si le problème n’est pas posé en termes de perturbations ou carrément de coupures qui durent pendant plusieurs jours, il n’en demeure moins que les habitants devraient s’accommoder pendant quelques temps d’un programme de distribution qui, certes, ne leur assure pas une alimentation quotidienne de H24, mais tente toutefois de couvrir les besoins de manière plus au moins équitable aux populations des 26 communes à une fréquence plutôt acceptable pour certains et moins pour d’autres. Halim Senouci habite une cité LSP située près de la direction régionale des douanes à Maraval dans le secteur urbain El Othmania, ne cache pas son mécontentement et parle de coupures récurrentes dans le rationnement en eau potable qui dure depuis d’une année « Nous avons parfois des coupures d’eau qui durent jusqu’à 3 jours d’affilée. D’ailleurs aujourd’hui je n’ai pas pu prendre ma douche le matin. L’autre problème qui se pose est que même quand la distribution de l’eau est rétablie, souvent l’eau arrive au robinet sans haut débit ce qui nous prive d’un minimum de confort domestique. Comme vous le savez même la chasse d’eau ne peut pas fonctionner sans haut débit » . Dans le quartier des planteurs, la situation est différente. En effet la zone compte un grand nombre d’habitations illicites dont une partie est située dans les hauteurs de Sidi El Houari dans la vielle ville. Ses habitants se plaignent d’absence d’eau dans les robinets pendant des heures de la journée. Une situation qui, disent-ils, persiste depuis prés de deux ans. Selon des témoignages que nous avons recueillis, une partie des foyers ont été privés d’eau au cours de la matinée du premier jour de l’Aïd. Ainsi, a-t-on confié, beaucoup de familles ont eu recours à des citernes de stockage pour couvrir leurs besoins en cette journée spéciale ». Approchés par notre rédaction, des citoyens parmi les habitants de Belgaid relèvent surtout un faible débit de l’eau de robinet pendant une tranche d’horaire de la journée qui intervient souvent le soir. Contacté, le directeur de la Société de l’eau et de l’assainissement d’Oran (Seor), Oussama Helaïl, estime qu’on ne peut pas parler de perturbations étant donné que le programme de distribution qui a été établi et communiqué à la population a été respecté « On ne peut pas assurer une distribution de H24, autrement les réserves des barrages se seraient épuisés en mois de juin déjà. Il faut savoir que le programme de distribution n’est pas figé. Il est défini en fonction des capacités de production d’eau potable et la situation des barrages et vise une stabilité dans la distribution pendant une bonne période » indique le responsable qui précise qu’à chaque fois que le programme est réaménagé, la SEOR l’accompagne d’une grande opération de communication à l’adresse de la population via les différents canaux d’information. Concernant le problème du faible débit de l’eau potable relevé pour une partie des habitants pendant les deux jours de l’Aid El Adha, le responsable a fait savoir d’abord que la direction a opté pour une ouverture totale afin de répondre aux besoins de la population spécifiques à cette circonstance « Nous avons pompé 600.000M3 par jour avant et pendant l’Aïd. Mais il faut savoir que techniquement lorsque tous les foyers ouvrent le robinet au même moment, il est tout à fait normal que la pression chute au moment du pic. Mais je peux vous assurer que les données que nous avons-nous font dire que l’Aid est passé dans des conditions très correcte » affirme le DG de la SEOR. Pour ce qui est de la zone des planteurs, les responsables expliquent le problème posé par les habitants, par les branchements illicites et non conformes techniquement. Cela fait que les interruptions et la chute du débit sont subies surtout lors du pic de consommation. Par ailleurs la tutelle mise sur le projet de la réalisation de la station de dessalement d’Aïn El Karma dans la daïra de Boutlélis d’une capacité de 200.000M3/j, pour remédier à tous ces problèmes et sécuriser l’approvisionnement de la wilaya d’Oran en eau potable pendant une bonne période. Jusqu’au mois de juin dernier, Oran bénéficiait de 520.000 M3 dont 100.000 M3 depuis le barrage de Chat El Hellal, 180.000 de la station d’El Makta3 et 55.000 M3 de la station Kahrama et le reste des quantités est transféré via le couloir du MAO. Oran enregistre un déficit de 32.000 M3 par jour qui peut passer à 80.000 M3 en cas d’une baisse de la quantité assurée par la canalisation du MAO.

Hadj H

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