L’AGENCE ANEM DE BETHIOUA ASSAILLIE PAR LES CHOMEURS POUR LE 3EME JOUR: Ils dénoncent l’exclusion” les processus de recrutement de Sonatrach et ses filiales

Pour le troisième jour, toute une population de jeunes diplômés au chômage font le pied de grue devant le  siège  de l’Agence  nationale  de  l’emploi (Anem) de  Bethioua,  60Km d’Oran. leurs candidatures n’ayant pas été retenus,  pour  décrocher  un  poste  sur  les  120  ouverts  par  l’entreprise nationale des hydrocarbures Sonatrach, il ont assiégé le bureau de l’Anem de Bethioua. Ces derniers dénoncent le légendaire clientélisme des responsables de Sonatrach et l’Agence nationale de l’emploi (Anem) de Bethioua réunis dans le placement des jeunes chômeurs.   Des images surprenantes ont défrayés la chronique des réseaux sociaux depuis l’annonce de poste d’emplois. Les jeunes chômeurs venus des quatre coins de la wilaya, si ce n’est de la région Ouest, pour dénoncer les conditions de recrutement dans les unités de la zone industrielle et attirer l’attention des responsables locaux sur le chômage, devenu une fatalité vécue par un grand nombre d’entre eux. Il n’est donc pas étonnant que l’offre, inattendue, de 120 postes de travail par la première compagnie du pays ait provoqué la ruée de milliers de chômeurs sur le bureau Anem de Bethioua qui, en dépit de sa situation à la périphérie de la localité, connaît une fréquentation ininterrompue de demandeurs d’emploi.  “Aujourd’hui encore (hier lundi, ndlr), plusieurs centaines de chômeurs sont revenus à la charge avec leurs dossiers. Le bureau de l’Anem est assailli par des demandeurs venus non seulement des localités voisines, mais aussi des wilayas de Mascara, de Relizane, Tiaret, de Mostaganem…”, témoigne un habitant de Bethioua. Les protestataires se disent outrés par le comportement des structures chargées de l’emploi dans la localité.

Les “cas de piston” qui, en leur temps, ont fait les gorges chaudes à Bethioua

«Tous sont responsables, aussi bien les entreprises que les agents de la commune et ceux de l’agence de l’emploi. Pour un simple poste de gardien ou d’ouvrier on recourt au piston et au passe-droit. Figurez-vous que des agents de sécurité sont recrutés hors wilaya. Certains sont même originaires des régions du centre et de l’est du pays, qui après quelques louent ou s’érigent une habitation aux bidonvilles d’Arzew et de Bethioua. Des agents de l’administration communale devraient être poursuivis pour faux et usage de faux puisqu’ils n’hésitent pas, moyennant de l’argent, à leur établir de faux certificats de résidence pour prouver qu’ils habitent la localité. Des entreprises recrutent des agents de sécurité hors wilaya et leur versent une indemnité d’éloignement et des frais de mission alors qu’elles pourraient faire des économies en recourant à une main-d’œuvre locale», affirment nos interlocuteurs. Ils n’ont pas manqué de souligner : «Nous tolérons le recrutement de compétences hors wilaya, mais nous refusons que des emplois de simples ouvriers soient affectés à des jeunes des autres wilayas». Si les images de centaines de chômeurs, amassés dimanche dernier devant l’Agence nationale de l’emploi (Anem) de Bethioua, peuvent surprendre, elles ne sont que l’illustration du chômage endémique qui frappe la population de l’ouest du pays depuis plusieurs années.  “Capitales des hydrocarbures”, en raison de la multiplicité de leurs usines pétrochimiques, Bethioua et Arzew ont toujours attiré les demandeurs d’emploi de l’ensemble des wilayas de l’Oranie. Les demandeurs d’emploi de cette localité sont toujours inquiets lorsque des postes d’emploi se dégagent comme aujourd’hui. Ils craignent toujours les interventions et autres passe-droits qui les priveraient d’un recrutement au profit de demandeurs mieux épaulés. Pour les milliers de demandeurs d’emploi qui ont déposé leurs dossiers au guichet de l’Anem de Bethioua, les 120 postes d’emploi proposés par Sonatrach représentent l’espoir d’un emploi stable, sûr et bien rémunéré. Un rêve en ces temps de crise sociale et de récession économique qui ne présage rien de bon pour l’avenir.

Où est la commission d’intégration créée par le chef du cabinet de la wilaya

Notons que cette problématique avait déjà suscité la colère de cette jeune population de chômeurs, au mois d’Aout dernier, à l’issue de la quelle une commission spéciale chargée de la sélection des postes d’emploi au niveau de l’ensemble des complexes pétrochimiques et autres entreprises relevant du secteur privé, a été installées au niveau des 03 communes de la daïra de Bethioua. L’ensemble des jeunes résidents dans les communes relevant de la daïra de Béthioua souffrent du fléau du chômage. En attente quotidiennement d’une offre émanant de l’une des entreprises et de l’un des investisseurs de la zone industrielle, ces jeunes se rassemblent devant le bureau de l’antenne de l’agence de l’emploi (ANEM Béthioua) mais rebroussent chemin souvent bredouilles. Lassés de cette situation, un groupe de ces chômeurs a même protesté après une période deux mois d’attente sans la moindre proposition d’embauche même de courte durée. Ces protestataires ont même bloqué l’accès à la zone industrielle créant une confusion indescriptible. Même l’intervention de la cheffe de daïra de Béthioua n’a pas convaincu les jeunes chômeurs qui refusaient de libérer les lieux. Selon nos sources, la fin du projet de l’aménagement du port affecté à la sidérurgie algéro-turque Tosyali qui était mené par l’entreprise étatique COSIDER a fait que le nombre des demandeurs d’emploi explose, sans qu’il y ait de nouvelles propositions. La société COSIDER employait à elle seule plus de 700 personnes, affirment nos même sources, alors que celle de Tosyali emploie plus de 3000 ouvriers, cadres supérieurs et autres ingénieurs et techniciens. Des mesures sont prises, rappelons-le, par la wilaya afin de cerner ce problème de chômage notamment dans cette région qui abrite le poumon économique de la wilaya et même du pays. Parmi ces mesures, la commission d’intégration des jeunes chômeurs créée à cet effet et présidée par le chef de cabinet du wali, est composée du directeur de l’emploi, les chefs de daïras.

Hadj Hamdouche

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