APPAREILS DE CHAUFFAGE: 12 personnes décédées asphyxiées depuis le 1er novembre

Douze personnes sont décédées asphyxiées au monoxyde de carbone depuis le 1er novembre dernier à travers le territoire national et 278 autres secourues par les éléments de la Protection civile. Les autorités ont émis, novembre dernier, une instruction obligeant les fabricants et importateurs de chauffage à gaz, à usage domestique, à les équiper d’un détecteur de monoxyde de carbone.

«Une instruction a été émise pour rendre obligatoire l’accompagnement des appareils de détection de CO lors de la commercialisation des chauffages à gaz à partir du premier novembre 2020», a indiqué Malika Bouzenat, sous-directrice à la direction générale du contrôle économique et de la répression des fraudes, au ministère du Commerce à la radio. Les fabricants, importateurs et distributeurs (grossistes et détaillants) d’appareils de chauffage au gaz à usage domestique sont obligés d’accompagner chaque appareil de détecteur. Le prix de ce dernier sera inclus dans la valeur totale de l’acquisition de l’appareil. À défaut, ces appareils seront retirés du circuit de commercialisation avec l’engagement de procédures légales et administratives à l’encontre des contrevenants. Il existe sur le marché des détecteurs de monoxyde de carbone, différente marque, pour lesquels des procédures ont été validées mais ils ne suffisent pas pour éviter les intoxications. L’entretien et la vérification réguliers des appareils à combustion, la bonne ventilation des locaux et l’utilisation appropriée des chauffages d’appoint sont recommandés.

NEGLIGENCE ET MALFAÇONS

Négligence, absence d’aération, chauffages à gaz commercialisés qui ne répondent pas aux normes de sécurité requises… Ce sont là les principales causes derrières ces dizaines de décès, dénombrés chaque année. Le 31 janvier 2016, le ministère du Commerce avait publié un arrêté ministériel portant adoption d’un règlement technique fixant les exigences de sécurité des appareils à gaz combustibles. L’objectif du ministère est de combler le vide juridique en matière de sécurité de ces appareils pour maîtriser et renforcer le contrôle de la conformité.

L’arrêté oblige le fabricant ou l’importateur de fournir, au moins, un certificat de conformité délivré par un organisme accrédité reconnu compétent et qui donne un engagement écrit que le produit est conforme aux exigences spécifiées. Les principales infractions constatées par le laboratoire algérien du contrôle de la qualité et de l’emballage (Cacqe) portent notamment sur l’absence du scellage des organes de pression, le mode de raccordement au gaz, l’absence de prise de pression et les températures des parties externes.

Les douanes relèvent que ces produits proviennent généralement de Chine, de Turquie et du Sud de l’Europe avec de fausses marques et des emballages neufs qui ne font pas douter de leur qualité. Selon le laboratoire des essais sur les produits industriels, la plupart de ces appareils sont défaillants du point de vue sécurité et ne présentent pas les normes requises pour certaines pièces qui les composent.

Les boutons de manipulation sont souvent fragiles et peuvent être retirés sans peine, les moteurs de chauffages peuvent provoquer des incidents si l’on n’est pas vigilant et leur installation n’offre aucune garantie à long terme.

Les services des douanes ont été sollicités depuis des années pour lutter contre les intoxications au monoxyde de carbone en renforçant les contrôles au niveau des frontières pour les appareils à gaz importés. Ces derniers font l’objet, pour leur dédouanement, d’une déclaration en douane orientée automatiquement par le système informatique vers un circuit de contrôle approfondi, dit « circuit rouge».

Ce type de marchandise subit un contrôle minutieux tant au plan documentaire que physique. Pour le contrôle documentaire, le service des douanes habilité procède à l’examen de tous les documents présentés au moment du dédouanement, notamment la facture d’achat domiciliée, les documents de transport, la carte d’immatriculation fiscale et le certificat d’origine.

La visite physique mixte (douane-commerce) de la marchandise importée permet de vérifier les quantités réellement importées, l’origine, les emballages et l’étiquetage.

Les ménages ne font pas recours eu contrôle annuel des installations. «Le mauvais montage des appareils et l’absence de surveillance de l’état des gaines techniques ne font qu’accentuer le risque de ces accidents domestiques. La plupart du temps les usagers sous-estiment le risque d’intoxication au monoxyde de carbone et ne respectent pas, par inconscience et méconnaissance, les conditions d’installation et de fonctionnement de leurs appareils. Les principales circonstances d’intoxication au monoxyde de carbone sont liées à des appareils de chauffage mal utilisés, mal entretenus ou mal installés», mentionne un spécialiste en installation des chauffages à gaz.

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