Affaire Amira Bouraoui: Comment surmonter le froid entre Alger et Paris ?

Tous les observateurs ont encore en mémoire le froid diplomatique survenu à l’automne de l’année 2021 entre l’Algérie et la France suite aux déclarations du président français Emmanuelle Macron et qui ont été mises en veille suite à sa visite en été dernier en Algérie. Une visite suivie au mois d’octobre par la venue de la première ministre française avec bon nombre de ses ministres et qui a redonné un certain réchauffement entre les deux pays.

D’une manière cyclique, ce froid est revenu avec ce qui est désormais appelé « l’affaire Amira Bouraoui et son exfiltration par des diplomates français en territoire tunisien vers la France.

Un évènement qui a poussé l’Algérie a rappeler mercredi 8 février «pour consultations» son ambassadeur en France pour protester contre «l’exfiltration illégale» via la Tunisie de l’algérienne Amira Bouraoui. Il est clair que cette affaire a vite fait de raviver les tensions bilatérales après une courte phase de réchauffement.

Pour rappel, l’Algérie a, via une note officielle, «protesté fermement contre l’exfiltration clandestine et illégale d’une ressortissante algérienne» vers la France, le président Abdelmadjid Tebboune «avait ordonné le rappel en consultations de l’ambassadeur, Saïd Moussi, avec effet immédiat», comme annoncé la présidence algérienne.

Arrêtée en Tunisie, Amira Bouraoui, a finalement pu embarquer lundi sur un vol à destination de la France, alors qu’elle faisait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire en Algérie. Elle avait été interpellée par la police tunisienne alors qu’elle cherchait à prendre un avion pour la France, munie de son passeport français. Une juge l’avait remise en liberté lundi mais elle avait été emmenée par des policiers tunisiens, avant d’être placée sous la protection du consulat français à Tunis.

Dans sa note officielle aux autorités françaises, Alger a dit avoir exprimé «la ferme condamnation par l’Algérie de la violation de la souveraineté nationale par des personnels diplomatiques, consulaires et de sécurité relevant de l’Etat français».

Ces personnels «ont participé à une opération clandestine et illégale d’exfiltration d’une ressortissante algérienne dont la présence physique sur le territoire national est prescrite par la justice algérienne», selon cette note. L’Algérie a rejeté ce développement «inadmissible et inqualifiable» qui cause «un grand dommage» aux relations algéro-françaises, selon la note. Un acte jugé très « inamical» envers l’Algérie et la Tunisie.

«Cette politique française, d’un pas en avant et dix en arrière, n’apaise pas les esprits et jette le froid sur les relations bilatérales à quelques semaines de la visite d’Etat que devait effectuer le président Tebboune. Dans ce cadre ; il est juste de rappeler qu’une visite du président de la République Abdelmadjid Tebboune à Paris avait été programmée pour le mois de mai, au cours d’un entretien téléphonique à la mi-janvier avec son homologue français Emmanuel Macron.

Ainsi et après un grave coup de froid à l’automne 2021, Paris et Alger avaient scellé un réchauffement de leurs relations à l’occasion d’un déplacement du président français à Alger en août dernier. Les deux chefs d’Etat avaient signé en grande pompe une déclaration commune pour relancer la coopération bilatérale. En octobre, la première ministre française Elisabeth Borne, accompagnée d’une quinzaine de ministres, s’était rendue à Alger pour concrétiser cette réconciliation à travers des accords dans l’industrie, la création de start-up, le tourisme et la culture.

Des décisions et des annonces sont attendues dans les prochains jours elles permettront de savoir ou en sont les relations et les accords signés entre les deux pays et si réellement la visite du président Abdelmadjid Tebboune en France est ou non maintenue.

Zitouni Mustapha

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